Un établissement public au service de la personne handicapée, fragile ou en grande difficulté

Actualités CME

mai 2016

Les 10 ans du CME

Compilation des 10 ans du CME

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avril 2016

Présentation de la classe aux familles

 

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avril 2016

Semaine de loisir aux Petits Princes

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13 avril 2016

Le non concert  de Zaïa

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5 avril 2016

Sortie cross à Guerchy

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Mars 2016

Carnaval au CME

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Le 5 décembre 2015

le CME Les Petits Princes fêtait ses dix ans. Pour l’occasion, petits  et grands se sont déguisés.
Après « l’apéritif déjeunatoire »  chacun a pu, au grès de ses désirs, déambuler dans l’unité décorée et visualiser des documents retraçant les dix ans d’existence du CME.

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Le 20 octobre 2015

Madame TSGHITI est venue au CME réaliser des gâteaux d’halloween.

Chacun a participé à sa façon. Nous remercions encore la maman d’Achraf.

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 Congrès FNEO LILLE

vendredi 27 novembre 2015 

FEDERATION NATIONALE DES ETUDIANTS EN ORTHOPHONIE

Intervention

Rita DAUBISSE
Orthophoniste au CME LES PETITS PRINCES AUXERRE   EPNAK 

INTRODUCTION 

Je suis honorée d'avoir l'occasion de partager mon expérience avec des collègues et futurs collègues orthophonistes. Je remercie Monsieur Elvez BELADJAL, chargé de mission au sein de l'Etablissement Public National Antoine Koenigswarter (EPNAK) qui a établi le lien avec les représentants de votre fédération et je vous remercie également pour votre accueil. 

L'EPNAK gère 20 unités et services spécialisés sur deux départements, l'Yonne et l'Essone qui accompagnent 1000 personnes, adultes et enfants, en situation de handicap et emploient près de 500 salariés. 

J'exerce mon métier d'orthophoniste dans l'Yonne au Centre Médico Educatif d'Auxerre qui accueille 20 enfants et adolescents âgés de 3 à 20 ans en situation de polyhandicap. Afin de répondre au mieux aux besoins de ces enfants et adolescents, l'équipe du CME est composée de professionnels de formations diverses. Chacun de ces professionnels assure selon ses compétences et missions spécifiques, un travail quotidien auprès des enfants et des jeunes. 

Mais au-delà du suivi quotidien, l'une des orientations de fond du projet d’établissement de l’EPNAK vise à « adopter une posture de questionnement systématique et continu des projets collectifs et individuels ». 

Dans cette dynamique, Monsieur Dominique JOURDAN, directeur général de l'EPNAK, a missionné en 2012, plusieurs professionnels de différentes unités, pour la mise en place d'un « pôle recherche » sur quatre thématiques dont celle des moyens de communication alternatifs et augmentatifs. 

J'ai été missionnée pour travailler sur ce thème qui fait partie du domaine de compétences des orthophonistes. N'étant pas « chercheur», et étant loin géographiquement des circuits universitaires, j'ai commencé par proposer une approche, basée sur mes travaux en cours, qui n’étaient pas encore formalisés dans un protocole de recherche. 

Les travaux en cours  portaient sur 2 sujets. 

1 la création de logiciels personnalisés et adaptés aux enfants et jeunes polyhandicapés dans le but de révéler leurs compétences, voire d’accéder à un moyen d’expression. 

2 L’adaptation de livrets d’accueil avec entre autres, l’adaptation de la charte des droits et libertés de la personne accueillie. Pour ceux qui seraient intéressés par la conception du livret d’accueil adapté, Monsieur Elvez BELADJAL pourra vous le montrer sur le stand qu’il tiendra demain. 

LA QUESTION DE LA COMMUNICATION ET DU POLYHANDICAP 

Le « polyhandicap » est défini (définition officielle) comme, un handicap grave à expressions multiples dû à l’association d’une déficience motrice et intellectuelle, entraînant une restriction extrême de l’autonomie. (Annexe 24 ter, 1989) 

Les termes de cette définition : « grave » « extrême » ne laissent pas beaucoup de place à l’optimisme, à l’idée de compétences existantes ou à développer, à l’idée de progrès possible. Les questions de sécurité et de confort, de lutte contre la douleur, contre l’aggravation des déformations, contre les fausses routes alimentaires, sont omniprésentes

Assurer les besoins vitaux et le confort, réduire la souffrance, font partie des objectifs

prioritaires. Mais les textes et recommandations actuels invitent les équipes de soin e

chercheurs à s’orienter vers d’autres nécessités. Ils parlent d’éducation, de scolarisation, d’apprentissage, de cognition, de communication. 

Pour la partie communication, au CME, des séances d’orthophonie individuelles sont proposées, ainsi que des séances de groupe avec la participation d’éducateurs. 

Quels objectifs poser lorsque l’on sait que l’expression orale a peu de chance de se développer et que le recours à des langues gestuelles ne peut être proposée ? Quels moyens alternatifs proposer ? 

Pour ma part, j’ai centré les objectifs du suivi orthophonique sur  les points suivants :

 

  • Capter l’attention des enfants en parlant de leur vécu, en racontant des histoires en lien avec leur quotidien.

  • Susciter une appétence, un plaisir aux échanges par la mise en place d’un « dialogue » vocal. Les inciter à « sortir leurs voix ».

  • Mettre en place un dialogue au moyens des pictogrammes oui/non.

  • Proposer des moyens alternatifs ou augmentatifs pour permettre l’expression d’une demande, d’un besoin ou d’un sentiment avec des tableaux, classeurs de communication, utilisant des photographies, des dessins ou des pictogrammes. 

Les constats, observations, bilans révèlent que 

1 Pour la majorité des enfants et jeunes et quelle que soit la gravité de leur handicap, les deux premiers objectifs peuvent être atteints. L’attention est captée et nous voyons émerger le plaisir du dialogue vocal. 

2 Concernant les troisième et quatrième objectifs énoncés les problèmes suivants surgissent. 

Premièrement, l’effort physique pour désigner les pictogrammes, épuise rapidement les enfants. Deuxièmement, l’enfant qui répond à une question en désignant les pictogrammes : oui et non se trouve confronté au « doute » de l’interlocuteur qui lui repose la même question. Et ce doute, a pour conséquence de faire douter l’enfant de sa réponse. L’interlocuteur peut alors conclure que l’enfant ne comprend pas le langage qui lui est adressé. 

Ces 2 constats ont été à la base de mes recherches : il fallait trouver, créer quelque chose qui permette de révéler les compétences des enfants, ce qu’ils savent, ce qu’ils comprennent , de lever la question du « doute », au moyen d’un dispositif qui ne les épuise pas physiquement. J’ai donc commencé à développer quelques cdroms et les enfants y accédaient en actionnant un contacteur relié à une souris adaptée. 

Je connaissais l’existence du tobii, ordinateur doté d’une commande oculaire. Mais le prix de cet appareil et l’idée qu’il convenait davantage à des personnes qui présentent un profil IMC, m’a fait hésiter.

 

Je me suis alors dit ; je vais d’abord créer des cdroms adaptés. Si les résultats sont concluants, si j’arrive à lever le doute, il sera temps d’investir. C’est à ce moment qu’une étudiante de l’école de Besançon, Mylène CHARBONNIER qui avait effectué un stage au CME, m’a proposé la réalisation d’un mémoire d'orthophonie. Elle a souhaité axer son sujet sur le potentiel d’apprentissage chez l’enfant en situation de polyhandicap et a posé les hypothèses suivantes :

 

Hypothèse 1 :

 

Il est possible de révéler, par une approche individualisée et en constante adaptation, 

un potentiel d’apprentissage inexploité chez l’enfant en situation de polyhandicap.

 

Hypothèse 2 :

 

L’observation et les ajustements continus de l’intervention permettent de révéler des 

connaissances et lever le doute quant à certains acquis.

 

Hypothèse 3 :

 

L’outil informatique est recommandé pour réaliser un programme d’apprentissage 

adapté.

 

Ses hypothèses ont été partiellement validées, il a été possible de démontrer la capcité d'apprendre chez un enfant en particulier. Mais la question du doute n’a pu être levée, notamment en raison de la difficulté de coordination oculo-motrice que présentaient les enfants lors de la passation des épreuves.

 

Dans sa conclusion, elle note (entre autres) : « Actuellement, des laboratoires de recherche mettent au point des technologies permettant de libérer l’enfant de tout effort moteur en utilisant une commande oculaire. 

Conjuguer ce dispositif, malheureusement très coûteux, à notre outil serait intéressant. Il nous permettrait de saisir l’impact de la gêne motrice de l’enfant sur ses résultats. Les 

apprentissages seraient nettement facilités et les obstacles moteurs dus à la manipulation du 

contacteur ne seraient plus un écueil à l’évaluation et aux progrès cognitifs. »

 

Depuis septembre, le CME s’est équipé du tobii avec la commande oculaire. Et un comité de pilotage comprenant l'ergothérapeute, un éducateur spécialisé et moi même a été créé. Nos premiers constats, ont montré que les enfants ont été libérés de cet effort moteur. Et la vidéo que je vais vous présenter, m’incite à dire que je me suis trompée en pensant que les enfants devaient d’abord nous prouver qu’ils étaient compétents avant d’investir dans une technologie coûteuse.

 

A titre de comparaison, nous n’attendons pas que les enfants sans handicap, nous prouvent qu’ils comprennent ce que nous leur disons pour leur apprendre à parler. Nous leur parlons dès leur naissance et le bain de langage leur permet de construire leur propre langage. Mettre donc les enfants en situation de polyhandicap d’emblée dans ce bain de langage avec le support de cette technologie, permettrait peut être de changer les représentations que nous avons du polyhandicap et permettrait de répondre à des besoins fondamentaux, jouer, apprendre, parler comme n’importe quel enfant. La voie de la recherche en orthophonie en collaration avec d’autres corps de métier ou des laboratoires de recherche s’ouvre sur ce sujet si complexe mais si passionnant.

Sports adaptés 

« À chacun son défi »  Sports adaptés  : Découvertes et partages autour du sport entre établissements de L’Yonne.

 

 

 

Réalisation et hébergement : Ambrey