Un établissement public au service de la personne handicapée, fragile ou en grande difficulté

Projets

Salle de jeux

Pour l'enfant, le jeu est pour une grande part, un outil essentiel à son développement. L'enfant cherche, découvre et, au grès de son imagination, il utilisera tel ou tel jouet. Il développe sa curiosité, en lien avec son évolution motrice et sa maturation affective : entre 4 et 5 mois sa motricité lui permettra de jouer avec un hochet, et à 10 ou 11 mois il pourra déjà mettre un objet dans une boite ou cacher son visage derrière ses mains pour faire coucou à sa maman.

Les jeux de l'enfant sont des stimulations sensorielles (visuelles, auditives, olfactives, gustatives, tactiles) pendant lesquelles il se confronte à la réalité, il crée un lien direct entre son imagination et les objets, et par leur manipulation, il aborde les problèmes de physiques simples, par exemple il apprendra à maitriser les équilibres s'il veut faire tenir un jouet debout (il en est de-même pour les encastrements, les transvasements ...). Le jeu est aussi un soutien affectif, un défouloir, et quelques fois une thérapie.

 Il aide l'enfant à se construire, il l'aide à grandir. 

Pour les jeunes du CME les Petits Princes, en situation de polyhandicap, cette dimension d'aide au développement qu'est le jeu, est fortement perturbée. Ils ne peuvent pas par eux-mêmes accéder aux jeux, que ce soit pour des raisons physiques à cause d'une motricité extrêmement réduite, ou du fait d'une déficience intellectuelle importante (quelques fois les deux).

Il est donc apparu utile de réaliser et aménager un espace dédié aux jeux et aux jouets.  Les trouver, et les adapter, et mettre en place des accompagnements spécifiques, pour chaque enfant en fonction de sa personnalité, de ses goûts et surtout, de ses désirs.

Aménagement : Pendant la reconstruction du CME en 2005, l'équipe pluridisciplinaire a souhaité un espace dédié aux jeux et aux jouets, et a pu choisir un mobilier à la foi attrayant et usuel. Le CME a investi aussi dans certains accessoires comme des tables à encoches, des tablettes, des caisses de rangements.

Trouver les jeux : c'est principalement par les dons que la « salle jeux » s'est approvisionnée : les jouets sont soit des jouets que les donneurs n'utilisent plus, soit ceux que le CME achète grâce aux dons d'associations caritatives. Il faut repérer ceux qui sont les plus  appropriés et/ou adaptables.

Adapter les jeux : en lien avec l'ergothérapeute et l'équipe éducative, les jeux qui sont « de cause à effet » comme un robot qui réagit à l'appui d'un bouton difficile d'accès, sont adaptés afin de recevoir un ou plusieurs contacteurs. À cet égard, certains membres de l'équipe du CME ont suivi un stage il y a quelques années pour la fabrication et l'utilisation des contacteurs dans les domaines de la communication, du déplacement et du jeu. De la poupée au dinosaure, en passant par les marionnettes et les cubes de construction, il faut une grande variété de jouets, afin d'offrir aux jeunes le plus de choix possible. 

L'accompagnement : dans cet espace adapté au mieux, la présence d'un ou plusieurs adultes accompagnateurs est indispensable. Mais elle est aussi un paradoxe : l'enfant doit laisser aller son imaginaire en choisissant lui-même ses outils, le plus spontanément possible, tout en dépendant  pour cela d'un autre tant pour les choisir, que pour les utiliser. C'est tout « l'art » de l'accompagnateur, de proposer, et de se faire oublier, d'animer et de s'effacer.

Pour exemple : un jeune garçon, semble intéressé par les célèbres cubes de construction, mais ses gestes mal maitrisés (les athétoses) lui interdisent toute manipulation. Il hésite même à les toucher, car par ses grands mouvements, il risque de se cogner, de frapper malencontreusement les différents modules de construction. La main de la tierce personne peut l'assister. Dans ce cas l'enfant  fait le mouvement mais c'est l'Autre qui en domine l'ampleur. C'est le regard et l'intérêt du jeune qui sont des repères. La connaissance du handicap ne suffit pas, il faut aussi une connaissance de la personne elle-même en situation de handicap.

  La « salle jeux » fonctionne aussi comme une ludothèque et les jouets peuvent être empruntés pour être utilisés soit sur les groupes de progrès, soit dans des ateliers ou des accompagnements thérapeutiques.  On peut aussi utiliser les jeux « marche-arrêt » pour aborder la désignation du oui et du non: « oui je veux qu'il marche, non je ne veux pas qu'il marche ».  La mise en marche de plusieurs jouets ouvre aussi à la notion de choix. 

            Au CME les Petits Princes, le jeu et le jouet ont leur place dans les approches éducatives, ou thérapeutiques, mais aussi et surtout, pour que les jeunes puissent se les approprier, et les investir, de la façon la plus indépendante possible,  parce que ce sont des enfants.

Thierry Descamps  (AMP)

 

Réalisation et hébergement : Ambrey